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Live : Gories / Oblivians

Live : Gories / Oblivians

Bordeaux, 6 Juillet 2009

samedi 5 septembre 2009, par Anne, Fish, Mister K

Le régulateur de vitesse calé sur 130, c’est sans encombre que nous arrivons dans les faubourgs de la riante cité championne de France de foot, mais pas de la propreté. Trottoirs défoncés, façades cradingues même en centre-ville, travaux anarchiques, nous débarquons sur une autre planète, c’est Beyrouth période 80’s.


Les pelouses du Tram sont livrées aux mauvaises herbes, on sent un certain je-men-foutisme dans la gestion de la ville, dirigée par monsieur je-ne-mangerai-plus-de-cerises-en-hiver. Pour compléter le tableau, quelques prostituées nous hèlent au passage, et il n’est que 16h30 ! Bordeaux a été classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 2008, faut croire qu’en un an ça a beaucoup changé ! Nous nous dirigeons non sans mal vers le lieu du concert, dans une zone reculée. Les riverains ne connaissent même pas le nom de la rue que nous cherchons.

C’est Decheman qui ouvre le bal avec son Easy Lestening Trash, préférons sacrifier nos boyaux avec la bière locale que nos oreilles.

Les Gories lancent vraiment les hostilités avec l’inévitable « We Are The Gories » délivrant le public de son anxiété légitime. La salle, mi-pleine de fervents garagistes venant célébrer la sacro-sainte trinité, exulte. Quelques morceaux suffisent à chauffer le trio. Peggy, lunettes noires, imperturbable, martèle ses deux tomes inlassablement. Dan, survolté dès les premiers accords, pousse son compagnon dans de furieux duels inoubliables. Mick, dans sa bulle, laisse éclater toute son originalité en de simples notes. La magie opère sans aucune nostalgie et les classiques s’enchaînent : « Thunderbird ESQ »« Telepathic », « Nitroglycerine », « Ghost Rider », « Charm Bag »… Seul bémol, un set bien trop court, la tête d’affiche ce soir-là étant les Oblivians, dignes successeurs de l’esprit Crypt.

Au vu de ce que font Jack et Greg dans leurs groupes actuels respectifs (les Tearjearkers et Reigning Sound), on aurait pu s’attendre à un Rock racé et classieux dans la veine du dernier opus « Play 9 Songs With Mr Quintron ». Erreur !! Les Oblivians restent les Oblivians, primitifs et sauvages. Eric, avec sa touche primaire et basique, insuffle au groupe sa fibre garage comme si ses deux acolytes se devaient de singulariser leur jeu sur des successions d’accords mille fois rabachés. La puissance de jeu des ricains est impressionnante, Jack O, sec et précis, restera les trois quarts du set à la batterie suivi de Greg, épileptique habité, et du besogneux Eric pour les rappels, rotation réduite par rapport à leur précédente campagne européenne en 1995.

Les mecs donnent vraiment l’impression de s’amuser, chambrant Eric à tout bout de champs, démarrant et terminant les morceaux approximativement, ce qui compte avant tout reste l’esprit du Rock’N’Roll. Sous l’épaisse couche de graisse musicale les trois larrons extraient de vraies pépites dont Memphis peut encore s’enorgueillir : « Bad Man » pour Greg, « Clones » pour Jack et « Shut My Mouth » pour Eric. Les Sympathy Sessions ainsi que les deux premiers albums sont fortement représentés, pas de nouveaux morceaux mais un plaisir partagé pour tous les amoureux du binaire.

Espérons que l’axe Memphis - Detroit n’en finisse pas de polliniser nos terres.





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