Interview : Jim Jones Revue
au festival Garden Nef Party à Angoulême
samedi 5 septembre 2009, par

À l’occasion du festival La Garden Nef Party à Angoulême, rencontre avec un groupe sauvagement rock’n’roll, The Jim Jones Revue. Jim Jones, ancien leader de Thee Hypnotics de 1988 à 1994, groupe de revival psyché-rock, et de Black Moses (Soul Garage) revient avec une nouvelle équipe et un album éponyme en 2008. Un premier disque remarquable, furieusement énergique, qui puise ses inspirations dans les racines du blues et du rock période 50’s. Véritables bêtes de scène, ils seront le 3 Novembre prochain à l’Olympic de Nantes.
Quels rapports avez-vous avec la France et son public ?
Jim Jones (chant/guitare) : Nous sommes très heureux de jouer ici, c’est une chance d’être programmé en France. Même si en Angleterre ça marche bien, ici ça va beaucoup plus vite et la nourriture y est meilleure et les Français sont plus culturellement sophistiqués.
Ruppert Orton (guitare) : En France, les gens nous aiment, on va vraiment devenir populaire ici !! (rires). Et on aime bien la culture du pays aussi ! L’accueil à été bon en Angleterre mais vraiment meilleur chez vous ! On est même passé à la télé ! En Angleterre une radio nationale a diffusé notre album et on a été surpris du retour - On pensait que ça plairait seulement à nos amis et à nous, l’album étant relativement brutal. Mais ça a plu, tant mieux !
Comment définiriez-vous votre musique, blues rock’n’roll influencés 50’s ?
Jim Jones : On essaie de capter l’esprit originel du rock, où pour la première fois la musique blanche s’est mélangée à la musique black et a réussi à former une même identité ensemble, « le Boogie ». Et ça a vraiment bien marché ! Nous, on tente de capter cette excitation en y introduisant dans nos paroles et notre musique nos vies à Londres dans le East Side, nos expériences dans ce XXIe siècle, mais c’est vrai que l’on utilise l’énergie de la musique de cette époque, on s’en inspire. Conduits par un piano rock’n’roll en guise de plateforme pour faire passer un message, voilà ce que l’on fait ! Ce que l’on apprécie le plus c’est que notre de genre de musique est une sorte de swing, elle est assez agressive mais ça swingue !
Lorsque tu te rends à un concert et que c’est seulement agressif, les gens le sont aussi ! Les mecs beuglent comme des sauvages. Nous, on adore dans nos concerts quand on voit les nanas qui dansent sur notre musique et apprécient ce swing ! Ça, c’est fantastique pour nous ! C’est génial de voir tout le monde s’éclater ! On aimerait inviter tout le monde à venir s’éclater sur scène avec nous et se lâcher. Si tu as envie de te perdre toi-même et devenir cinglé, viens voir les Jim Jones Revue en Live ! (rires)
Que signifie le rock’n’roll pour vous ?
Ruppert Orton : On a tous grandi avec le rock’n’roll tout autour de nous. Alors que des Rolling Stones et d’autres groupes y sont arrivés plus tard. Nous, ça fait partie de notre vie. Et de nos jours, je pense que la musique rock est devenue un peu une mode, une tendance. On en oublie malheureusement les origines des années 50 et le danger qui y résidait. Elle a ouvert des portes pour de nombreuses personnes et nous, on tente de saisir ça.
On vous compare souvent à des artistes tels que Jerry Lee Lewis ou encore Little Richard vous en pensez quoi ?
Jim Jones : Oui c’est vrai, on aime cette énergie qui émanait de la scène black des 50’s, le côté sauvage et sexy des groupes de l’époque. On est honoré d’être assimilé à de tels artistes !
Ruppert Orton : Bien sûr, on adore Jerry Lee Lewis, Little Richard et bien d’autres ! En fait, quand on s’est réuni Jim et moi avec l’idée du groupe, on avait en tête ce que ça devait représenter de voir Little Richard dans les états de ségrégation du sud de l’Amérique en pleine discrimination raciale. Le choc procuré de voir un black punk-rocker hurlant sur scène et y mettre le feu. Alors si on peut juste se saisir un peu de cette rage-là et nous l’approprier, on serait super ravi !
Actuellement vous êtes un peu les seuls à jouer ce style et que ça fonctionne !
Jim Jones : Il y a toujours de très bons groupes qui font de la très bonne musique et que l’on aime beaucoup comme Black Diamond Heavies, Jon Spencer ou même Tom Waits. Mais en fait, les précurseurs du rock ont laissé les portes ouvertes sur ce style. On essaie juste d’approcher cette porte la franchir et faire notre chemin. Certains de ceux-là sont encore sur scène, mais ils vieillissent et ne sont plus aussi dangereux qu’auparavant ! Et nous, voilà ce qu’on veut faire avec nos moyens d’une manière honnête. Et on veut aller plus loin encore sur cette route. Apporter la part de beauté et le son de cette musique aux gens. Mais au final ce n’est pas un trip nostalgique, ce n’est pas ce que l’on veut faire ! On y incorpore notre présent et notre excitation. Que peux t-on vous souhaiter pour l’avenir ?
Jim Jones : Continuer à s’éclater et faire danser les gens. On a une grosse tournée qui se prépare et le nouvel album devrait normalement sortir en début d’année prochaine.
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